3 March 2026
Son monde s’est effondré : le drame d’une jeune femme camerounaise en danger
Cameroun DIVERS

Son monde s’est effondré : le drame d’une jeune femme camerounaise en danger

Jan 15, 2025

Dans un recoin sombre d’un quartier précaire de Douala, nous avons rencontré une ombre. Elle s’appelle Venezuela Eyidi. Le regard vide, les mains tremblantes, elle ne ressemble en rien à la jeune femme pleine d’espoir qu’elle était sans doute avant que l’horreur ne frappe. Aujourd’hui, Venezuela n’a plus de toit, plus de famille, et plus de patrie où se sentir en sécurité.

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Un deuil sanglant et une sécurité brisée

Tout bascule le 9 décembre 2024. Son père, Monsieur Ayissi Bela Dieudonné, gendarme à la retraite, est lâchement assassiné. Alors qu’il revenait paisiblement de son champ, il est tombé dans une embuscade tendue par des sécessionistes. Criblé de balles, il s’est éteint de façon brusque, laissant derrière lui un vide abyssal.

Pour Venezuela, revenue du Canada pour enterrer son protecteur, le deuil s’est transformé en un cauchemar éveillé. La mort de l’ancien gendarme a été le signal d’une curée sauvage. Les voisins, témoins de scènes d’une violence inouïe, décrivent une guerre d’héritage digne d’un scénario tragique, où les liens du sang ont été dissous par l’appât du gain.

Son monde s’est effondré : le drame d’une jeune femme camerounaise en danger

La fuite sous les flammes

Mais le danger le plus mortel venait d’ailleurs. Identifiée comme la fille d’un ancien représentant de la loi (un « corps habillé »), Venezuela est devenue une cible prioritaire pour les groupes armés ambazoniens.

« Ils ont tout brûlé. Ma maison à Bamenda n’est plus qu’un amas de cendres. J’ai couru alors que les flammes léchaient encore les murs. Je n’ai rien pu emporter, pas même un souvenir de mon père. » nous confie-t-elle, la voix brisée par les sanglots.

Une errance sans issue

Parchassée, traquée par ceux qui ont exécuté son père, elle a réussi à rejoindre Douala au prix de mille souffrances. Mais ici, le répit est de courte durée. Sans ressources, dépouillée de ses biens par une famille en guerre et menacée de mort par les rebelles qui disposent d’informateurs jusque dans la métropole, Venezuela est une femme aux abois.

Elle a tout perdu : son père, sa sécurité, ses biens matériels et sa dignité de citoyenne. Son retour forcé vers le Canada apparaît aujourd’hui non plus comme un choix, mais comme l’unique et ultime chance de survie face à une condamnation à mort certaine sur le sol camerounais.

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