Le débat sur la viabilité économique du secteur musical au Cameroun vient d’être relancé par une confidence pour le moins édifiante. Invitée sur le plateau de la chaîne «NGAS TV», la chanteuse camerounaise Mimie a livré un témoignage sans filtre sur les coulisses financières de son dernier projet. Dans une industrie souvent perçue sous le prisme du glamour et du succès immédiat, l’artiste a mis en lumière la dure réalité des investissements nécessaires à la création de qualité et la difficulté d’obtenir un retour sur investissement équitable.

Au cœur de ses confidences, l’EP intitulé «She volution». Pour produire les sept titres composant ce projet, Mimie révèle avoir déboursé la somme colossale de dix millions de francs CFA, un montant dédié exclusivement à la production assurée par le célèbre beatmaker Phillbill. L’artiste précise d’ailleurs que ce budget ne prend nullement en compte les frais annexes, tout aussi onéreux, tels que la réalisation des clips vidéo, le mastering, ou encore les campagnes de promotion indispensables à la visibilité d’un tel opus. «Phillbill, c’est la qualité ! Il travaille avec toute une équipe et il connaît la valeur de son travail», a-t-elle souligné, justifiant ainsi les coûts élevés par l’exigence artistique.
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Pourtant, le bilan financier est loin d’être à la hauteur des espérances. Avec moins de deux millions de francs CFA de revenus générés par le streaming et l’exploitation de l’EP à ce jour, le fossé entre l’investissement et la rentabilité est abyssal. Ce témoignage illustre les obstacles majeurs auxquels sont confrontés les artistes africains pour vivre dignement de leur art. Entre les coûts de production et les défis liés à la monétisation numérique, la passion demeure, pour beaucoup, le seul moteur de résilience face à des sacrifices financiers considérables.
Cette prise de parole courageuse soulève une question centrale pour l’industrie musicale camerounaise et africaine : comment transformer le talent en succès économique durable ? En brisant le silence, Mimie invite le public et les acteurs du secteur à une réflexion nécessaire sur les mécanismes de rémunération, alors que la scène locale ne cesse de gagner en visibilité à l’international.
