18 June 2026
Fête de la Musique à Japoma : le show à la fois traditionnel et engagé de Stån Aynié
ACTUALITE Cameroun CULTURE

Fête de la Musique à Japoma : le show à la fois traditionnel et engagé de Stån Aynié

Juin 18, 2026

Ce vendredi 19 juin, le Palais Royal Bakoko de Japoma devient le théâtre d’un moment artistique hors norme. Sous l’impulsion du chorégraphe Stån Aynié et de la compagnie Empire Moov, Douala s’apprête à vivre une Fête de la Musique bien particulière. Entre héritage Sawa et cri de ralliement pour la dignité des artistes, cette production signée Iyanka Agency promet bien plus qu’un simple spectacle en devenant un véritable engagement.

Fête de la Musique à Japoma : le show à la fois traditionnel et engagé de Stån Aynié

​Placée sous le haut patronage de Sa Majesté JAMIL SONGUE MADIBA, cette soirée s’annonce dense et essentielle dès 15h. Sur scène, pas de fioritures technologiques, tout est organique. Seize artistes fusionneront chant, rites patrimoniaux et danses traditionnelles dans une alternance de mouvements lents et d’accélérations foudroyantes, guidés par le seul langage des voix et des percussions. L’un des moments forts de la soirée sera sans doute le retentissement de l’Amen Alewouya, ce chant religieux sawa qui s’élève comme un merci collectif pour le souffle de vie.

Mais ne vous y trompez pas car sous la grâce des mouvements se cache une colère sourde, une réalité politique que la compagnie refuse de taire. Le thème central du spectacle touche du doigt une plaie ouverte, celle de la condition précaire des artistes au Cameroun. C’est l’histoire de ces talents qui choisissent de vivre ici, sur leur terre, mais qui passent leur vie à devoir travailler ailleurs pour espérer survivre.

Lire aussi : Musique : Didy, de l’expert marketing à l’artiste engagé, lance son premier album

​Cette détresse systémique prend corps à travers l’histoire d’Asomo, une trajectoire tragiquement réelle qui sert de fil conducteur à la pièce. Il y a quelque temps, juste après une prestation, Asomo a payé ses danseurs jusqu’au dernier franc avant de s’écrouler à quelques pas du cabaret. Le verdict médical est tombé, implacable, révélant une cirrhose du foie et une insuffisance rénale. C’est le résultat d’années de galère, de repas sautés et d’excès pour oublier, sans jamais avoir les moyens de mettre un sou de côté. Aujourd’hui, il faut 15 millions de FCFA pour payer sa dialyse et espérer une opération. Le drame d’Asomo est le miroir de notre culture. Au Cameroun, les créateurs accouchent d’œuvres magnifiques qui font vibrer le pays mais finissent leur vie les poches vides. Entre l’absence chronique de droits d’auteur et le manque de structures de soutien, la moindre maladie devient une sentence de mort.

Avant que le rideau ne se lève, Iyanka agency propose également de jeter un œil dans les coulisses de cette œuvre globale pour comprendre comment s’est construite cette révolte artistique. Venir au Palais Royal BAKOKO Wouri à Japoma ce vendredi dès 15h ne revient pas seulement à applaudir la troupe Empire Moov. C’est soutenir ceux qui font vivre notre culture et refuser, le temps d’une soirée, que nos ambassadeurs continuent de mourir dans l’indifférence.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *