3 July 2026
Déchets électroniques : l’urgence d’une filière durable au Cameroun
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Déchets électroniques : l’urgence d’une filière durable au Cameroun

Juil 3, 2026

Le numérique gagne du terrain au Cameroun. Smartphones, ordinateurs, tablettes et autres équipements électroniques sont devenus indispensables dans la vie quotidienne. Mais derrière cette révolution technologique se cache un défi encore largement sous-estimé : celui des déchets électroniques, dont les volumes augmentent d’année en année sans que leur traitement ne suive le même rythme.

À Douala, cette problématique a récemment été placée au cœur d’une rencontre scientifique organisée à la médiathèque de l’Institut Français du Cameroun. Chercheurs, responsables institutionnels, collectivités locales et acteurs de la société civile y ont confronté leurs points de vue autour d’un constat préoccupant : le pays produit aujourd’hui près de 77 000 tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) chaque année.

Un enjeu sanitaire et environnemental

Ce chiffre, mis en avant par Yann Danick Longang dans son ouvrage Le traitement des déchets issus des TIC : éléments problématiques de la communication verte au Cameroun, illustre l’ampleur d’un phénomène appelé à s’intensifier avec la démocratisation des technologies numériques.

Déchets électroniques : l'urgence d'une filière durable au Cameroun

Contrairement aux déchets ménagers classiques, les équipements électroniques hors d’usage renferment des composants particulièrement dangereux. Plomb, mercure ou encore cadmium peuvent contaminer les sols et les nappes phréatiques lorsqu’ils sont abandonnés dans des décharges sauvages ou recyclés dans des conditions inadaptées. Les conséquences touchent autant l’environnement que la santé des populations exposées.

Pour le chercheur, la réponse ne peut se limiter aux campagnes de sensibilisation. Il plaide pour une véritable stratégie de « communication verte », capable d’accompagner des politiques publiques ambitieuses, le développement de filières de recyclage et une implication plus forte des citoyens comme des entreprises.

Penser le recyclage à l’ère du numérique

Les échanges, animés par le professeur Thomas Atenga, chef du département de Communication de l’Université de Douala, ont réuni des représentants de la mairie de Douala, du ministère de l’Environnement, des universitaires, des professionnels de santé, des entrepreneurs et plusieurs organisations de la société civile.

Déchets électroniques : l'urgence d'une filière durable au Cameroun

Au-delà du cas camerounais, les discussions ont également porté sur la responsabilité des États dans la gestion mondiale des déchets électroniques. Les intervenants ont souligné la nécessité d’une coopération plus équilibrée entre pays industrialisés, principaux producteurs d’équipements, et pays africains, souvent confrontés à des capacités limitées de collecte et de valorisation.

L’affluence du public et la richesse des échanges ont conduit les organisateurs à écourter la séance de questions afin de respecter les horaires de fermeture de l’Institut Français.

Organisée à la veille de la Journée mondiale de l’environnement, cette rencontre aura surtout permis de rappeler que la transition numérique ne peut être dissociée des enjeux environnementaux. À mesure que les technologies se multiplient, la gestion des déchets électroniques s’impose désormais comme un défi majeur pour le développement durable du Cameroun.

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