Deuxième colloque et session de perfectionnement en foncier : les acteurs du secteur plaident pour une réforme concertée
Le paysage foncier camerounais demeure marqué par des complexités juridiques et des chevauchements de compétences qui entravent la sérénité des transactions. Au cœur des débats, la question de la vente de parcelles de terre cristallise des tensions récurrentes entre notaires et greffiers en chef. Cette confusion, qui persiste malgré la réforme législative de 2025 consacrant le monopole notarial, a été au centre des discussions lors du deuxième colloque et session de perfectionnement en droit foncier, qui s’est tenu à Douala du 22 au 25 avril et a clôturé ses travaux ce vendredi 25 avril.

Docteur en droit public et chargé de cours à l’université de Bertoua, le docteur Bekolo Ateba Antoine Lionel souligne la persistance des réalités coutumières face aux évolutions juridiques. « Toutes les fois qu’un acte, notamment une vente d’une parcelle de terre, est diligenté par un greffier en chef, les notaires viennent aborder cet acte par souci de défendre leur corporation, du coup, ceux-ci ne voudraient pas l’émission d’autres acteurs » explique l’universitaire. La difficulté est exacerbée par les spécificités géographiques, notamment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où la faible présence notariale laisse place à l’exercice de cette fonction par des avocats.
Face à ces blocages, des pistes de solutions émergent pour éviter une implosion du secteur. Selon le docteur Bekolo Ateba Antoine Lionel, « il faudrait peut-être porter des plaidoyers auprès des dirigeants pour voir comment on peut maintenir le cadre existant afin d’éviter qu’il y ait une implosion dans ce secteur ».
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L’autre volet central des échanges a porté sur l’implication de l’autorité coutumière dans la sécurisation foncière. Sa majesté Arsène Gilles Ebolo, chef traditionnel de troisième degré de Melan II et délégué du Nyong-et-So’o, a mis en lumière la nécessité d’un dialogue permanent entre les us et coutumes et la législation foncière moderne. Pour le chef traditionnel, une meilleure collaboration entre les notabilités locales et l’administration est essentielle pour prévenir les litiges et garantir la paix sociale au sein des communautés rurales.
Dans le même registre, Sa Majesté Arsène Gilles Ebolo, délégué départemental du domaine du cadastre et des affaires foncières pour l’Union Réseau, a complété cette réflexion en rappelant l’urgence d’une meilleure formation pour les populations. Un accès accru à l’information et aux règles d’éthique est indispensable pour permettre aux citoyens de participer de manière efficiente aux procédures d’immatriculation et aux transactions sécurisées.
Cette deuxième édition confirme la montée en puissance du débat foncier au Cameroun, surpassant l’événement inaugural de Kribi tant par la qualité des échanges que par la rigueur de l’organisation. Forts de cette dynamique, les organisateurs nourrissent désormais des ambitions durables pour structurer le secteur au quotidien. Dans ce contexte, l’association Asfocam s’impose comme un allié de confiance pour les citoyens. Forte de son expertise de terrain, l’association guide les usagers à travers les méandres des contentieux et sécurise leurs procédures d’immatriculation, offrant une oreille attentive et des solutions concrètes à tous ceux qui cherchent à protéger leur patrimoine foncier.
