28 July 2026
Richard Bona scelle sa rupture avec le Cameroun : «Je n’y retournerai plus jamais»
ACTUALITE Afrique Cameroun

Richard Bona scelle sa rupture avec le Cameroun : «Je n’y retournerai plus jamais»

Juil 28, 2026

Installé aux États-Unis depuis de nombreuses années, le virtuose mondial de la basse et figure incontournable du jazz, Richard Bona, s’est exprimé sans détour sur la rupture désormais consommée avec sa terre natale. À l’occasion d’une intervention accordée à un média panafricain en marge du Festival Gnaoua d’Essaouira, largement diffusée sur les réseaux sociaux ce 23 juillet 2026, l’artiste a scellé ce qu’il considère comme un choix de vie irréversible.

L’élément déclencheur de ce détachement reste avant tout le sentiment d’exclusion ressenti par le musicien face aux autorités de son pays d’origine. «Je suis persona non grata dans ce Cameroun pour une raison que j’ignore toujours», regrette-t-il, déplorant une censure dont il n’a jamais compris les motifs profonds. Face à ce qu’il perçoit comme un rejet institutionnel, l’ambassadeur de la musique africaine a tranché fermement : «Je pense même que je n’y retournerai plus jamais. C’est une décision bien personnelle et qui m’arrange aussi.» C’est désormais à travers ses compositions virtuoses qu’il choisit de s’exprimer : «J’utilise justement mes notes pour répondre de temps en temps à cette gouvernance.»

Portant un regard lucide sur l’évolution sociopolitique nationale, Richard Bona n’hésite pas à manier l’ironie lorsqu’il évoque l’état actuel du pays : «Le Cameroun, c’est le pays du futur et le sera toujours», assène-t-il pour dénoncer une stagnation politique et sociale chronique. Son diagnostic se fait plus dur encore à l’égard de la jeunesse : «C’est une jeunesse corrompue. Ils ont été élevés à cette manière», regrette l’artiste, tout en concédant quelques rares exceptions. Face aux critiques suscitees par ces propos tranchants, le bassiste assume : «Je ne suis pas négatif, je suis juste réaliste et pragmatique.»

La fracture émotionnelle s’est définitivement creusée lors de tracas administratifs marquants autour de ses papiers d’identité. «Lorsque ça m’est arrivé, j’ai compris que ce pays n’était plus là pour me protéger. Ce pays est un danger pour moi», confie-t-il avec une amertume assumée. Désormais tourné vers d’autres horizons artistiques, Richard Bona observe la situation avec un détachement teinté d’humour noir : «Il me fait rire ce pays… je préfère en rire.» Une mise au point sans concession qui ferme la page d’une relation devenue impossible.

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