7 June 2026
Lutte contre la désinformation au Cameroun : les journalistes outillés au fact-checking à Douala
ACTUALITE

Lutte contre la désinformation au Cameroun : les journalistes outillés au fact-checking à Douala

Juin 7, 2026

​La prolifération des fausses informations sur les réseaux sociaux représente un défi majeur pour la crédibilité de l’information et la stabilité sociale.

C’est dans cette optique que s’est tenu, le vendredi 29 mai 2026, un atelier intensif dédié au fact-checking et à la lutte contre la désinformation. Organisé par Class Pro dans les locaux de DataCheck au lieu-dit Feu Rouge Bessenguè, cet événement s’inscrit dans le cadre des activités du Pré-SALEMI. L’objectif de cette session de formation était clair : permettre aux participants de comprendre les mécanismes de la désinformation, de maîtriser les outils de vérification des faits et de devenir de véritables remparts contre les fake news sur les plateformes numériques.

Lutte contre la désinformation au Cameroun : les journalistes outillés au fact-checking à Douala

Comprendre la nuance entre désinformation, mésinformation et malinformation : l’atelier, structuré autour de trois articulations majeures, a bénéficié d’un encadrement technique de haut niveau. Pour ouvrir les travaux, Badal Fohmoh, responsable de Class Pro, a posé les bases théoriques en revenant sur les généralités du fact-checking. Cette première phase a permis de clarifier des concepts essentiels et souvent confondus par le grand public. Il convient désormais de distinguer précisément la désinformation, qui caractérise la création et la diffusion délibérées de fausses informations dans le but de tromper, de la mésinformation, qui relève plutôt du partage d’une information fausse mais sans intention réelle de nuire. Enfin, la malinformation désigne l’utilisation d’informations réelles détournées de leur contexte d’origine pour causer du tort de manière ciblée.

Lutte contre la désinformation au Cameroun : les journalistes outillés au fact-checking à Douala

La pratique au cœur de la vérification avec un zoom sur les outils numériques : la seconde articulation de la formation a pris un virage résolument pratique. Marthe, l’une des responsables de DataCameroon, a pris le relais pour initier les participants au maniement des technologies de pointe en matière de vérification. Durant cette session, plusieurs solutions incontournables ont été explorées, à l’instar de MyDataCheck, un guide et outil de référence (tools book) développé localement pour centraliser les démarches de vérification. Les participants ont également découvert le potentiel de plateformes comme PimEyeS, Vera, ou encore InVid / WeVerify pour l’analyse approfondie d’images, la recherche inversée et la détection de visuels manipulés. Grâce à ces démonstrations concrètes, les professionnels des médias et communicateurs présents disposent désormais de clés techniques pour valider l’authenticité d’un contenu avant toute publication.

Adopter la bonne attitude et changer de réflexes face au flux informationnel : pour clore cette journée d’apprentissage, Badal Fohmoh est revenue au pupitre afin d’aborder le volet comportemental. La lutte contre les fausses informations ne repose pas uniquement sur la technologie, elle dépend avant tout de la responsabilité individuelle de chaque utilisateur. Freiner la propagation des fake news exige une hygiène numérique stricte et un changement radical de comportement face aux contenus viraux. Le mot d’ordre à retenir est absolu : ne jamais partager une information sans l’avoir préalablement vérifiée, quel que soit son caractère urgent, vital ou sensationnel. C’est en brisant la chaîne de partage compulsive que l’on parviendra à tordre le cou à ce fléau numérique.

Cette enrichissante journée s’est conclue sur une note chaleureuse, marquée par une séance de dédicace de l’ouvrage de Badal Fohmoh, permettant aux participants de repartir avec des ressources complémentaires pour poursuivre ce combat quotidien pour la vérité.

 

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