Dans un contexte où la différence fait l’objet d’incompréhensions, le réalisateur Camerounais Étienne Talla propose un récit à travers son premier film documentaire intitulé « Uriel, l’adolescent neurodivergent qui dompte les pinceaux ». Cette œuvre a fait l’objet d’une projection le dimanche 8 mars 2026 au Village Yapaki à Bomono.

Porté par le projet Ici Ciné Campus sous la direction de Minette Lontsie et du réalisateur, ce travail s’inscrit dans une démarche de cinéma de proximité. Accueillie par le critique d’art Olivier Charly, cette diffusion vise à rapprocher les productions du public des quartiers et à susciter un dialogue autour de questions de société. Le réalisateur explique les motivations qui l’ont conduit à traiter ce sujet l’envie de sensibiliser, de dénoncer et d’éduquer sur l’autisme à travers le parcours d’Uriel.
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Le documentaire présente le quotidien d’Uriel Richard Tsobgny Metangmo Ndjock, un adolescent de 14 ans. Né en 2011 aux États-Unis, il a manifesté dès l’âge de trois ans un intérêt pour le dessin sur les supports fournis par sa mère. Ce qui a débuté par des tracés est devenu un mode d’expression. Aujourd’hui, le parcours d’Uriel comprend la publication d’un ouvrage en 2022 et une exposition à la Galerie Annie Kadji tenue entre février et mars. Pour Étienne Talla, l’histoire d’Uriel montre un cas de prise en charge précoce permettant une insertion dans la vie d’adulte. Le film souligne l’adaptation de l’adolescent face aux obstacles qu’il rencontre.

Dans des contextes où l’autisme reste entouré de préjugés et de stigmatisations, ce film souhaite déconstruire les idées reçues. Le réalisateur évoque les discours qui circulent dans les quartiers, où l’on associe parfois le handicap à des croyances ou à des faits de sorcellerie. Le documentaire porte un message : l’autisme est un handicap qui nécessite un accompagnement. Étienne Talla précise que les personnes vivant avec un handicap ont droit à une vie sociale et professionnelle. Comprendre l’autre revient à accepter sa différence pour vivre en harmonie. Le film capte également des moments entre Uriel et sa mère, Alix Ndjock, où l’adolescent exprime sa reconnaissance pour le soutien reçu.
L’œuvre explore le rôle de la création dans le quotidien des personnes vivant avec un handicap. Le réalisateur présente l’art comme une possibilité de thérapie permettant de réduire le stress et d’exprimer des émotions. Le documentaire met en lumière la créativité comme outil d’expression. Sur le plan de la production, le film a été réalisé avec un téléphone portable pour les phases de tournage et de montage. Cette méthode montre que la production peut s’effectuer malgré des limites en matériel.

Après la projection à Bomono Ba Mbengue, l’équipe prévoit d’organiser des séances pour poursuivre la sensibilisation. Étienne Talla annonce que ce projet constitue une étape vers la réalisation d’autres documentaires consacrés à des sujets de société. À travers ce film, le cinéaste espère provoquer une prise de conscience pour favoriser l’inclusion des personnes vivant avec un handicap.
