Le samedi 7 février 2026, l’atmosphère était particulièrement solennelle dans la salle des actes du rectorat de l’Université de Douala. Entre les murs chargés d’histoire de l’institution, Madame ETAME DJENGUE Alvine Liliane s’apprêtait à franchir une étape cruciale de sa vie académique, la défense de sa thèse de Doctorat/Ph.D en Sciences de l’Information et de la Communication. Sous le regard attentif d’un jury d’exception, présidé par le Professeur Titulaire Atenga Thomas, la candidate a ouvert un débat actuel sur le thème « Diplomatie culturelle et communication en ligne : les campus numériques au risque de l’influence française au Cameroun ».

Ce travail, mûri sous la direction du Professeur Titulaire Boyomo Assala Laurent et la co-direction du Professeur Caroline Metote, explore les rouages invisibles des dispositifs éducatifs numériques. Les rapporteurs, les Professeurs Jacques Evouna et José Boteteme Munne Balet, ainsi que le Professeur Emmanuel Kamdem, membre du jury, ont scruté avec rigueur cette analyse qui place le Campus Numérique Francophone (CNF) au centre d’une stratégie de « soft power » visant à diffuser l’autorité et la culture françaises.
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L’étude présentée analyse le rôle des campus numériques francophones au Cameroun. La candidate définit ces espaces comme des dispositifs de diplomatie visant à diffuser la langue, la culture et l’autorité françaises. Selon les conclusions de la recherche, ce modèle engendre une dépendance aux technologies et aux contenus éducatifs produits en France. Au cœur de l’argumentation, l’analyse met en lumière un paradoxe entre l’accès au savoir et la création d’une dépendance aux contenus ainsi qu’aux technologies externes. La priorité accordée aux modèles éducatifs français par ces plateformes restreint le développement de ressources diversifiées et adaptées aux réalités camerounaises. Ce constat souligne la nécessité de protéger l’identité culturelle nationale face à une influence numérique qui oriente les programmes d’études et les modes de pensée.

Le travail relève que cette situation limite l’accès à des ressources diversifiées et adaptées aux réalités du terrain camerounais. L’analyse mentionne également des conséquences sur l’identité culturelle locale et souligne l’inégalité d’accès à l’éducation pour les étudiants ne disposant pas de matériel informatique ou d’une connexion internet. La recherche indique enfin une perte de contrôle des institutions camerounaises sur les programmes d’études.
Pour faire évoluer cette relation, la thèse suggère de modifier les axes de coopération. Les propositions incluent le développement de programmes d’échanges universitaires, la mise en avant de festivals comme le Ngondo et le soutien aux initiatives artistiques locales. Le texte préconise aussi de renforcer les liens économiques dans les secteurs de l’agriculture, du numérique et des énergies renouvelables. Enfin, l’étude évoque l’implication de la diaspora camerounaise de France et la coopération entre les collectivités territoriales pour favoriser le développement local.
À l’issue de la présentation de ses travaux de recherche, la candidate a souligné la nécessité pour les institutions universitaires camerounaises de réaffirmer leur souveraineté sur les programmes d’enseignement. Ses travaux de thèse de Doctorat/Ph.D invitent à l’établissement d’une coopération entre le Cameroun et la France basée sur l’équilibre des cultures. La soutenance de ces recherches apporte une contribution à la science au Cameroun en matière de diplomatie numérique. Après délibération, le jury a déclaré Madame ETAME DJENGUE Alvine Liliane docteur en communication avec la mention Très Honorable à l’unanimité, accompagnée des félicitations du jury.
