Le Douala Music Art Festival (DOMAF) 2025 s’est clôturé en beauté le dimanche 30 novembre, au stade Annexe de Bonamoussadi à Douala, après quatre jours riches en créativité, en émotions et en célébration de l’art camerounais sous toutes ses formes. Cette 14e édition a été marquée par une programmation diversifiée, mêlant concerts, expositions, ateliers, performances et conférences. L’un des temps forts de cette édition fut sans aucun doute l’hommage artistique rendu par le blogueur et photographe camerounais Étienne Talla à la légende, le regretté Koko Komegne, icône de l’art contemporain au Cameroun, décédé le 28 octobre 2025 à 75 ans d’âge et 59 ans de pratique artistique.

« Koko Komegne était plus qu’un artiste, c’était une institution. Il a inspiré plusieurs générations, et je suis fier d’avoir pu lui rendre hommage à travers mon art », a confié Étienne Talla. Il a également salué l’organisation du DOMAF pour avoir donné la possibilité aux artistes hommes comme femmes de s’exprimer librement dans un espace dédié à l’art, à la mémoire et à la transmission.
Le Douala Music Art Festival s’affirme, au fil des éditions, comme un rendez-vous incontournable de la scène culturelle camerounaise. Organisé dans plusieurs quartiers populaires de Douala, le DOMAF s’attache à rapprocher l’art des populations et à promouvoir une culture inclusive, participative et ancrée dans les réalités locales. Cette 14e édition, portée par le thème « Partage ta lumière, Small No Be Sick », a mis en avant les valeurs de transmission, de solidarité et d’innovation artistique.

L’hommage d’Étienne Talla à Koko Komegne restera gravé comme l’un des moments les plus forts de cette édition. Il symbolise la continuité entre les générations d’artistes, le devoir de mémoire et l’importance de préserver les traces de ceux qui ont ouvert la voie.
À travers deux œuvres percutantes, Étienne Talla a exprimé toute son admiration et sa reconnaissance envers celui qu’il considère comme un guide artistique et spirituel. La première œuvre, une photographie intitulée « La Terre Patrie », imprimée au format 75 x 55 cm, explore le lien entre l’humain et la terre, cette dernière étant présentée comme un symbole de vie, de mort et de renaissance. Par cette création, Étienne Talla invite à une réflexion profonde sur notre enracinement, nos racines culturelles et notre responsabilité face à notre environnement.

La seconde œuvre, « Koko Komegne, un artiste au-delà de l’art », est une installation mémorielle immersive. Elle se compose d’un buste représentant Koko Komegne, entouré d’objets emblématiques tels que des noix de cola, des cigarettes, des photographies et des éléments picturaux, tous choisis pour leur charge symbolique et leur lien avec la vie de l’artiste disparu. Ce dispositif artistique a ému de nombreux visiteurs du festival, en raison de sa charge émotionnelle et de sa profondeur narrative.
