«Je suis nègre mais les Noirs ne m’aiment pas», le dernier ouvrage du journaliste Junior Haussin, pose un regard particulièrement cru sur les fractures de notre société. Lors de la cérémonie de dédicace organisée le samedi 03 octobre 2026 à la Du Vaal International School, située dans le quartier Béédi à Douala, universitaires, acteurs politiques, étudiants et amoureux du livre se sont retrouvés en nombre pour échanger autour de ce texte poignant publié aux Éditions Éclosion.

Au fil de ses 374 pages, le récit suit les trajectoires croisées d’Asakya et Mabanckou, deux figures confrontées quotidiennement aux moqueries et au poids étouffant du regard des autres en raison de leur teint sombre. Face à cette pression du quotidien, le premier choisit de céder aux sirènes de la dépigmentation artificielle, quand le second fait le choix plus exigeant de s’assumer pleinement tel qu’il est. Dans sa lecture attentive de l’œuvre, Lionel Akosso salue la construction d’un roman chorale parfaitement équilibré où la question identitaire dépasse la simple nuance de peau. Pour l’Honorable Samuel Dieudonné Moth, cette rencontre littéraire invite surtout la communauté à privilégier une vraie pédagogie de la bienveillance au lieu de pointer du doigt ceux qui succombent à la pratique.
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Intervenant durant les échanges, le Dr Christian Mouandjo, enseignant-chercheur en communication, analyse ce phénomène marquant comme le signe d’un malaise identitaire profond qui empêche encore trop souvent les individus de s’estimer à leur juste valeur. Dans la même perspective de réflexion, Serges Hermann Tchuitcha questionne ouvertement nos représentations collectives de la beauté contemporaine et rappelle qu’à l’ère des contenus automatisés, le rôle essentiel de l’auteur reste d’apporter de la sensibilité, de la sincérité et du sens à son propos.
Sur la question complexe du « djansang », Junior Haussin ne mâche pas ses mots en évoquant un problème d’ordre public qui touche directement la santé mentale. Se décaper la peau revient à détruire progressivement son propre corps tout en abîmant l’estime personnelle, d’où la nécessité urgente de réapprendre à s’aimer sincèrement. Christelle Noah, responsable des Éditions Éclosion, souligne également combien ce fléau fragilise la jeunesse et gâche l’avenir de nombreuses jeunes femmes. Disponible au tarif de 10 000 FCFA, ce roman refuse la facilité pour tendre un miroir sans concession à chacun.
