Le Cameroun frappe un grand coup à la Mostra de Venise 2026. Lors de la 83e édition du festival, qui s’est achevée le 12 septembre à Venise, le réalisateur camerounais Auguste Bernard Kouemo Yanghu a créé la surprise en repartant avec deux prix pour son tout premier long-métrage, La Maison du vent. Une performance rare qui replace le cinéma camerounais sur la scène internationale, plus de cinquante ans après le passage remarqué de Muna Moto sur le Lido.

Présenté en compétition dans la section Orizzonti, l’une des plus exigeantes de la Mostra, le film a été récompensé par le Prix spécial du jury ainsi que par le Prix Luigi De Laurentiis, également appelé Lion du Futur, décerné au meilleur premier film toutes sections confondues. Un doublé exceptionnel pour un cinéaste qui signe ici sa toute première réalisation, et qui confirme l’émergence d’une nouvelle génération de talents venus d’Afrique centrale.
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Ce succès a une résonance particulière pour le cinéma camerounais. Il faut en effet remonter à 1975 et à la sélection de Muna Moto, du réalisateur Jean-Pierre Dikonguè-Pipa, pour retrouver trace d’une œuvre camerounaise sur les écrans de la Mostra. Cinquante et un ans plus tard, La Maison du vent renoue avec cette histoire, portée par une écriture cinématographique différente mais tout aussi personnelle.

Le film raconte le quotidien d’une mère restée à Yaoundé, tiraillée entre l’attente et le silence, pendant que ses enfants tentent de se construire une vie en Europe. Migration, solitude, vieillesse, famille : à travers ces thèmes universels et ces liens qui tentent de résister à la distance, Auguste Bernard Kouemo Yanghu livre un récit intime qui a visiblement touché le jury vénitien, prouvant qu’une histoire profondément camerounaise, racontée avec exigence et sincérité, peut trouver sa place parmi les grandes œuvres du cinéma mondial.
Le moment le plus marquant de la soirée reste sans doute celui de la remise du Lion du Futur. Visiblement ému, le réalisateur a choisi de dédier cette récompense à sa mère, décédée d’un cancer, et qui a directement inspiré le personnage principal du film. Un hommage poignant qui a donné tout son sens à cette victoire, transformant une consécration cinématographique en un geste profondément personnel.
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Au-delà de l’exploit individuel, ce double sacre est déjà perçu par de nombreux observateurs comme un signal fort pour le cinéma camerounais dans son ensemble. Certains y voient même un argument de poids en faveur d’une candidature du film aux Oscars, dans la catégorie du meilleur film international, tant la reconnaissance obtenue à Venise, l’un des festivals les plus prestigieux au monde, constitue une caution artistique difficile à ignorer.
Avec ce double prix, le Cameroun signe un retour marquant sur la scène des grands festivals internationaux. Une victoire qui, au-delà d’Auguste Bernard Kouemo Yanghu et de son équipe, rejaillit sur toute une génération de cinéastes camerounais déterminés à raconter leurs propres histoires, avec leurs propres voix, et à les porter jusqu’aux plus grandes scènes du monde.
