15 August 2026
Mostra de Venise 2026 : le Cameroun fait un retour historique avec «La Maison du Vent»
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Mostra de Venise 2026 : le Cameroun fait un retour historique avec «La Maison du Vent»

Août 14, 2026

C’est un événement d’une portée majeure pour l’histoire du cinéma africain et camerounais. Il aura fallu attendre 51 ans pour revoir une œuvre du Cameroun dans les sélections officielles de la prestigieuse Mostra de Venise. Après le pionnier Jean-Pierre Dikongué Pipa et son film culte « Muna Moto » en 1975, le réalisateur Auguste Bernard Kouemo Yanghu ouvre un nouveau chapitre captivant avec «La Maison du Vent». Sélectionné dans la compétition « Orizzonti » de la 83e édition prévue du 2 au 12 septembre 2026, ce long-métrage s’impose également comme le seul film africain retenu cette année dans l’ensemble des compétitions officielles de longs métrages du festival.

Mostra de Venise 2026 : le Cameroun fait un retour historique avec «La Maison du Vent»

Une renaissance historique et un drame intime à Yaoundé

En 1975, Jean-Pierre Dikongué Pipa inscrivait le cinéma d’Afrique centrale au panthéon mondial du septième art. Plus d’un demi-siècle plus tard, Auguste Bernard Kouemo Yanghu reprend le flambeau sur le Lido de Venise. Avec ce tout premier long-métrage, le cinéaste camerounais réactive une filiation intergénérationnelle essentielle. Sélectionné dans la section « Orizzonti », vitrine réservée aux écritures cinématographiques innovantes et audacieuses, « La Maison du Vent » porte haut les couleurs d’une cinématographie nationale en plein renouveau.

D’une durée de 103 minutes, le film plonge le spectateur au cœur du quotidien intime et vibrant de Yaoundé. L’intrigue suit Josette, une femme de 80 ans magistralement interprétée par Josette Kwanya, qui vit seule dans la capitale. Ses enfants ayant émigré en Occident, elle les encourage sans relâche à faire bâtir des maisons au pays dans l’espoir de susciter leur retour. Cependant, l’arrivée imprévue de Sarah, incarnée par Edwige Tatiana Moudjeu Pouadeu, une jeune voisine du quartier, vient bouleverser sa routine et ses certitudes. Entre ces deux femmes naît une relation inattendue qui remet en question l’équilibre fragile d’une mère suspendue à l’attente de ses proches.

Vingt ans de création au service d’une coproduction internationale

Ce succès international est l’aboutissement d’un parcours de plus de vingt ans. Auguste Bernard Kouemo Yanghu débute son cheminement au Cameroun dans les années 1990 en cofondant le Cercle des Jeunes Cinéastes Amateurs avant d’intégrer les classes de formation d’Écrans Noirs. Il poursuit ensuite ses études en France, diplômé de l’École supérieure de l’audiovisuel de Toulouse (ENSAV) et titulaire d’un Master 2 Recherche en études cinématographiques à l’Université de Lille. Scénariste, consultant et pédagogue passionné par la transmission, le cinéaste s’est d’abord distinguished avec des courts-métrages acclamés comme « Waramutsého ! », récompensé notamment au FESPACO et au festival d’Amiens.

Bien que profondément ancré dans les réalités sociales de Yaoundé, « La Maison du Vent » bénéficie d’une coproduction d’envergure réunissant le Cameroun, la France, la Belgique, le Bénin, l’Arabie saoudite et le Qatar. Dans la compétition « Orizzonti », le film sera confronté à des œuvres venues d’Italie, de Pologne, de Corée ou du Bangladesh. Cette sélection offre au cinéma camerounais une plateforme mondiale exceptionnelle pour aborder des thèmes universels tels que la solitude, l’émigration, la mémoire et la reconstruction des liens familiaux. Du 2 au 12 septembre 2026, Auguste Bernard Kouemo Yanghu prendra ainsi rendez-vous avec l’histoire sur le Lido.

 

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