Dans un contexte marqué par des tensions sociales, des divisions communautaires et des conflits persistants au Cameroun et dans le monde, une initiative innovante est en cours de développement dans la ville de Douala…
En effet, l’association doual’art, en partenariat avec le programme Service civil pour la paix de la GIZ, ont lancé une “École de dialogue” destinée aux habitants du bloc 1A Source, à Ndogpassi III. Placée sous le thème « Dialogue créatif pour la réconciliation et le vivre-ensemble au bloc 1A Source ». L’initiative s’est déroulée entre août et septembre 2025.
Le 01 Mars dernier, les participants ont restitué les acquis de ce processus d’apprentissage devant une foule nombreuse notamment : la Présidente Exécutive de doual’art, la Conseillère Dialogue SCP,des responsables du Bloc 1 A Source, des artistes de la scène doulaise, des journalistes etc. Cette restitution publique issue d’une résidence créative et de séance de shooting photos réalisé par l’artiste photographe Nicolas Eyidi, en binôme avec Marine Ragueneau, était articulée autour de deux temps forts : une exposition photos de tous les participants à cette ‘’école de dialogue’’ avec leurs messages pour les membres de leur communauté et les invités ; et un ‘’Théâtre Forum’’ avec l’accompagnement de l’artiste comédien Ignace Essounga.

Cette première expérience à Douala, a réuni 22 participants (parents et jeunes hommes et femmes) et 7 facilitateurs, dont cinq jeunes du bloc 1A Source (préalablement formés) et deux représentants du programme SCP-GIZ. La participation était gratuite. Les candidats âgés de 18 ans et plus, chacun ayant manifesté un intérêt pour les questions de justice sociale, de dialogue et d’engagement citoyen dans leurs fiches de candidature.
Deux modules de formation intensifs
Le programme s’est déroulé en deux sessions de cinq jours chacune à la Maison d’accueil ASIA, à Ndogpassi III.
Le premier module, portera sur la compréhension des styles d’apprentissage, la gestion des émotions et des suppositions, ainsi que sur la transformation des relations interpersonnelles et les styles d’interaction face aux conflits.
Le second module, quant à lui a exploré : les dynamiques de pouvoir dans les groupes et les sociétés, les différences culturelles, les structures de domination sociale et les mécanismes par lesquels le dialogue peut générer une transformation sociale positive.
Entre les deux sessions, les participants seront encouragés à appliquer les concepts abordés dans leur vie quotidienne et leurs activités professionnelles, de contextualiser les concepts théoriques du module 2 et de ressortir les conflits majeurs dans leur communauté, ainsi que des activités/actions susceptibles de créer des plateforme de rencontre et de dialogue sur ces problématiques, en vue de trouver des solutions, sinon co-développer des mécanismes endogènes de gestion des différents conflits co-identifiés.
L’École de dialogue…
Ce programme d’apprentissage expérientiel vise à promouvoir le dialogue comme outil de transformation sociale, en réunissant des personnes d’origines et d’expériences divers autours d’échanges constructifs. L’objectif est d’encourager la compréhension mutuelle, de prévenir la violence et de renforcer la cohésion sociale dans les communautés.
Une approche née en Amérique latine
L’École de dialogue trouve son origine en 2012 à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie, dans le cadre du programme Service civil pour la paix de la GIZ. Conçu pour répondre aux tensions sociales et culturelles, ce dispositif pédagogique met l’accent sur l’apprentissage par l’expérience et la réflexion personnelle.
Le principe est simple : ‘’permettre aux participants de mieux comprendre leurs émotions, leurs perceptions et leurs comportements afin de développer des capacités de dialogue authentique’’. Ce type d’échange, fondé sur l’écoute et la compréhension, peut contribuer à transformer les relations humaines et favoriser une coexistence pacifique.
Au fil des sessions, les participants sont invités à réfléchir sur différents thèmes tels que la transformation personnelle, les dynamiques de pouvoir dans les groupes, le rôle de la culture dans les conflits ou encore les mécanismes permettant au dialogue de produire des changements sociaux durables.
Tester le modèle dans le contexte camerounais
Pour les organisateurs, l’implantation de cette initiative au Cameroun répond à une nécessité : adapter les outils de dialogue aux réalités locales et renforcer les initiatives de consolidation de la paix. L’objectif de cette première édition est également d’évaluer la pertinence de ce modèle dans des quartiers informels sujets à des conflits en particulier et la ville de Douala en général.
Plusieurs questions guideront l’expérience à savoir : comment le dialogue est-il perçu dans le pays ? Quels sont les besoins urgents en matière de médiation et de cohésion sociale ? Quels acteurs doivent être impliqués dans ces processus ?
À travers l’implémentation de cette réflexion/expérimentation collective, les organisateurs ambitionnent de former une nouvelle génération d’acteurs capables de promouvoir le dialogue, l’écoute et la compréhension mutuelle dans leurs communautés d’une part, et dégager des pistes concrètes pour renforcer les initiatives de paix et de dialogue au Cameroun d’autre part.
Yolande Tsoumou
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