Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité permanente liée à la crise anglophone, le préfet du département de la Manyu, situé dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, a pris une décision visant à renforcer la sécurité et à préserver la paix dans cette zone en proie à des troubles.
Yves Bertrand Awounfac Alienou, préfet de la Manyu, a signé un arrêté préfectoral ordonnant la fermeture de tous les bars, snacks et night-clubs de 20h à 6h du matin, jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure vise à prévenir les activités illicites et les exactions des combattants sécessionnistes qui sévissent dans la région depuis fin 2016.
La crise anglophone, déclenchée en octobre 2016 par des revendications corporatistes des avocats et enseignants anglophones, s’est transformée en guerre sécessionniste entre des groupuscules armés et l’armée. Ce conflit a déjà fait près de 8 000 morts, des milliers de déplacés internes et plus de 30 000 réfugiés camerounais au Nigeria, selon les organisations internationales.
Les préfets et sous-préfets de la région prennent régulièrement des mesures de restriction des libertés, telles que les couvre-feux et les interdictions de manifestations, pour empêcher les mouvements et les exactions des séparatistes. Cependant, ces mesures n’ont pas encore permis de mettre fin à la crise.
Dans une interview accordée à Radio Vatican, le Révérend Akum Innocent Wefon a affirmé que la guerre continue et que l’insécurité est endémique dans la région. « La guerre continue, l’insécurité est endémique… Si vous pouvez compter par vous-même, cela fait huit ans et rien n’indique que cela se terminera de sitôt », a-t-il déclaré.
Les conséquences humanitaires de cette crise sont désastreuses. En mai dernier, plus d’une dizaine de personnes ont perdu la vie dans des embuscades tendues par les combattants séparatistes. Le maire de Belo a également été tué le 20 mai alors qu’il se rendait à la tribune pour suivre le traditionnel défilé.
La fermeture nocturne des bars et clubs dans la Manyu est une mesure supplémentaire visant à réduire les risques d’attaques et de violences dans la région. Cependant, il est clair que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour mettre fin à cette crise et rétablir la paix dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun.