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Vœux du P.M aux Français, audiences à Lounceny Fall et à l’Ambassadeur de Tunisie : Le débat relancé au Cameroun au sujet de la santé et de la succession de Paul Biya

Le président Biya bien portant, dans les bras du jeune président français Emmanuel Macron

En accordant hier lundi deux audiences au représentant en Afrique centrale du Secrétaire Général des Nations Unies et à l’Ambassadeur de Tunisie au Cameroun en fin de séjour, le Premier ministre Joseph Dion Ngute et le président de l’Assemblée Nationale Cavaye Yeguie croyaient sans doute accomplir des actes banalement régaliens. Hélas, ces audiences sont devenus la source d’une vive controverse.

Une controverse née d’une interprétation hypothéticodéductive qui voudrait que si une personnalité autre que le chef de l’Etat accorde des audiences à des hôtes qui sont habituellement  reçues par le président Paul Biya, c’est que celui-ci n’est pas disponible. Or le président paul Biya ne peut qu’être disponible, ce d’autant plus qu’il n’est pas en séjour à l’étranger, lui qui il y a quelques jours a reçu l’Ambassadeur des Etats-Unis en fin de séjour au Cameroun.

Pour les tenants de cette thèse, l’indisponibilité ainsi alléguée du président de la république ne pourrait alors que signifier qu’il fait face à des problèmes de santé. Dans ce cas, le président aurait délégué collégialement au premier ministre et au Président de l’Assemblée Nationale, personnalités assez expérimentées des affaires de l’Etat,   certains de ses pouvoirs comme il l’aurait fait en 2018 en déléguant sa signature au ministre d’Etat Secrétaire Général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh.

Une semaine auparavant, une polémique dans laquelle le Premier ministre était impliqué faisait état de ce que celui-ci avait en lieu et place du président, adressé ses vœux au peuple français à l’occasion de la fête nationale de la France qui se célèbre traditionnellement le 14 juillet.

Pour les auteurs de cette polémique, c’était un indicateur de ce que le président Biya, dans le cadre de ce que ses adversaires du MRC appellent le processus de transmission de gré à gré du pouvoir, avait finalement jeté son dévolu sur le Premier ministre, un anglophone du Sud-ouest, au détriment du ministre d’Etat Secrétaire Général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, pressenti un temps comme celui à qui allait échoir la succession du président Biya, et qui aurait ourdi la mise en quarantaine de son “concurrent”, l’ancien ministre Abraham Alain Edgar Mebe Ngo’o, détenu à la prison de Kondengui avec son épouse depuis 2019.

Vérification faite sur la page Facebook de l’ambassade de France au Cameroun, une vidéo d’une durée de  3’ 14’’ met en exergue des messages émanant de « talents et responsables camerounais qui nous ont adressé leurs vœux pour le 14 juillet ». Certes, le message du PM camerounais, parce qu’il côtoie ceux d’autres “talents” et “responsables” camerounais (à l’instar du styliste Imane Ayissi, des footballeurs Roger Milla et Samuel Eto’o,ou de la femme entrepreneure Rebecca Enonchong ainsi que de l’ancien tennisman Yannick Noah), ne peut être considéré sur la forme comme celui d’un homme d’Etat à un autre homme d’Etat. Encore moins sur le fond : « En ce jour du 14 juillet, je souhaite aux Français, au peuple français, au gouvernement, au président de la République française, une bonne fête malgré les circonstances ».

Bien plus, avant même les messages des “talents et responsables” camerounais, un télégramme du chef de l’Etat avait été adressé au président français le 10 juillet pour cette occurrence. Paul Biya adressait alors ses « vives et chaleureuses félicitations » à son homologue Emmanuel Macron.

Mais au pays où on fait mystère de tout, les citoyens sont parfois obligés d’y aller de toutes leurs interprétations, déductions et… extrapolations.

SSY

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