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Négociations en trompe-l’œil sur la crise anglophone : Comment le tweet de Ayuk Tabe a tout fait foirer

Biya et Sisiku Julius Ayuk Tabe (Illustration)

 

Parti d’une simple revendication corporatiste en 2016 pour se muer en crise sécessionniste de moyenne intensité en fin 2017, et transformée depuis 2018 en guerre civile violente ou guerre de sécession très violente, la crise dite anglophone du Cameroun était en passe, début juillet, d’amorcer le processus de sa résolution. Hélas

Saisissant l’opportunité de l’appel au cessez-le feu lancé par le Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres, à toutes les parties en conflits armé à travers la planète, dans le but de créer les conditions d’une synergie des forces  afin de combattre la pandémie de la Corona Virus Desease 2019 (Covid-19),    les autorités camerounaises, ont initié début juillet dernier des pourparlers avec les leaders sécessionnistes anglophones condamnés en aout dernier à la peine à perpétuité.

Le régime de Yaoundé voulait ainsi trouver les moyens de créer des conditions d’un possible apaisement lui permettant de mettre à exécution son programme de reconstruction des régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest que la répression menée par l’armée et les villes mortes décrétées par les sécessionnistes ont complètement sinistrées, mais entendait le faire sans perdre la face, lui qui a toujours fait savoir qu’il ne négocierait pour rien au monde, ni avec aucune entité, l’unité et l’indivisibilité du Cameroun.

Commis à cette tâche que l’on dit avoir été parrainée par l’Archevêque de Yaoundé, le patron des renseignements camerounais, en la personne du Commissaire Divisionnaire maxime Eko, Directeur Général de la Direction général de la recherche extérieure (Dgre).

Malheureusement, sentant qu’il pourrait être accusé de trahison par ses camarades de lutte encore en liberté et agissant à partir de leur terre d’asile en Europe et aux Amériques, s’il n’informait pas le monde de la tenue des pourparlers au sujet desquels Yaoundé voulait imposer la loi de l’omerta, le leader emprisonné du Gouvernement intérimaire de l’Ambazonie, le bien nommé Sisiku Julius Ayuk Tabe,  s’est fendu en toute bonne foi d’un tweet le 02 juillet 2020, informant ses “compatriotes” ambazoniens de ce que ses neuf (09) de compagnons emprisonnés et lui avaient rencontré des émissaires du gouvernement pour des discussions sur les conditions d’un cessez-le feu. Il les rassurait alors sur le fait que leur lutte pour l’accession à la souveraineté internationale (indépendance) de l’Ambazonie n’était nullement entamée par le fait de ces discussions, et réitérait les exigences déjà itérativement formulées par le passé, pour une poursuite fructueuse desdites négociations, à savoir  : le retrait de l’armée dans la zone de conflit, la libération de tous les prisonniers arrêtés dans le cadre de cette crise, la tenue des pourparlers en terrain neutre et la reconnaissance de l’Ambazonie comme un Etat à part entière.

Ce qu’il ignorait manifestement, c’est que le partenaire dans la négociation qu’est le régime de Yaoundé, n’aime pas donner l’impression d’avoir cédé.

C’est ainsi qu’ulcéré par les révélations de monsieur Ayuk Tabe qui semblaient indiquer qu’il se dédisait finalement en négociant en catimini avec les « terroristes », le gouvernement a  fait la volte-face du 6 juillet que l’on a vue à travers le communiqué du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement,  René Emmanuel Sadi, qui a tenu à affirmer que « Le gouvernement de la République porte à la connaissance de l’opinion que l’information diffusée sur les réseaux sociaux sur la tenue le 02 juillet des négociations entre une délégation gouvernementale et des sécessionnistes en instance de jugement, n’est pas conforme à la réalité ». Même si monsieur Sadi, a en outre fait savoir que « Le gouvernement est par conséquent ouvert aux différents contacts, initiatives et propositions allant dans ce sens, dans le respect de l’unité nationale et l’intégrité territoriale du Cameroun ».

Salvador Salifou Yessu

 

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Ce n’est décidément pas demain la veille de la normalisation dans les régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest dont des natifs revendiquent l’indépendance. Une indépendance qu’ils projettent dans la mise en place d’un Etat dénommé d’Ambazonie.

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