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Déchéance, barbarie : ce que nous enseigne l’arrestation-humiliation en mondovision de Ernest Obama, ex-DG de Vision 4

Ernest Obama. Le temps des remords,

Le malaise qui couvait depuis un certain temps au sein de la télévision Vision 4, et dont le point d’orgue avait été un temps le licenciement (en date du 5 décembre 2019) suivi de la réhabilitation de celui qui en était jusqu’en 2019 le fantasque directeur général, a connu un épilogue dramatique le jeudi 18 juin 2020.

Un épilogue curieux et des plus rocambolesques : une arrestation-humiliation télévisée (et surtout mesquinement commentée par la chaine dont il était jusque là un collaborateur zélé) de celui qui passait aux yeux d’une certaine opinion avisée pour le prototype  du “journaliste” franc-tireur,  un personnage « sulfureux » à qui ses détracteurs, pris eux aussi, comme par contagion affective, de cette haine qu’il distribuait rageusement en direct à la télévision, souhaitaient déjà, avant même que surviennent des bobos relationnels entre le patron du groupe l’Anecdote et lui, une sortie par la petite porte. D’autres allant  jusqu’à convoquer pour ce faire, le karma. « Que s’appesantissent sur lui les rigueurs de la justice immanente », avait un jour souhaité  un militant du MRC au lendemain de la présidentielle alors que Ernest Obama instruisait carrément le ministre de l’Administration territoriale de tordre le cou à l’homme politique Maurice Kamto, meneur de la contestation de la victoire de Paul Biya à la présidentielle de 2018, avant que l’opposant atteigne la présidence. Tellement, Ernest Obama -dont on a  découvert, à l’occasion de sa descente aux enfers, l’autre prénom (Dieudonné) et l’autre patronyme (Nana) dont la consonance dénoterait une parenté bamiléké*- cristallisait les ressentiments par sa propagation de la haine, qu’il était inévitable qu’il en étouffe un de ces quatre, ou du moins qu’il en paie le prix.

On n’en est pas encore là, et il faut lui souhaiter  que la chute dont il vient d’être victime, et qui est selon toute vraisemblance  son chemin de Damas, lui serve de guide, et surtout, que le haineux endurci  se dise pour une fois qu’il lui est dur de regimber contre les aiguillons.

En effet, telle qu’elle a été effectuée, l’interpellation par la gendarmerie du sieur Obama ne répond à aucune logique dans un monde civilisé.

Cette arrestation en présence des caméras de la télévision Vision 4 dont il était l’un des collaborateurs et avait été cinq ans durant le Directeur Général, son exhibition pieds nus et l’image le montrant tête baissée subissant un interrogatoire ne peuvent s’expliquer autrement que par une volonté de l’autre partie, c’est-à-dire Amougou Belinga Jean-Pierre, de l’humilier. Même la gendarmerie qui s’est prêté à ce jeu du voyeurisme, certainement pour plaire à quelqu’un qui est très introduit dans les cercles du pouvoir où il servirait de prête-nom dans le monde des affaires à certains barons du régime (“informations” colportées par des langues qui ne brillent pas toujours par leurs bon sentiments vis-à-vis de monsieur Belinga, sans pour autant que l’on ait la preuve par ailleurs qu’elles sont totalement infondées), a commis une faute professionnelle comme on n’en commet plus de nos jours, la tendance consacrée étant à la protection de l’image et de l’identité du prévenu et au respect de ses droits.

Gare à l’avènement de l’Etat Vision 4

Le narcissique, prétentieux et bamiléképhobe  journaliste avait beau exiger à cors et à cris l’application d’une justice expéditive contre des Camerounais coupables de ne pas porter dans leurs cœurs le régime auquel le média qui l’engraissait était affilié, il n’en demeure pas moins un être humain qui en cas de faute, eut-il détourné le Cameroun entier, doit voir ses droits, respectés, notamment celui relatif à la présomption d’innocence. C’est d’ailleurs pour l’avènement d’un Cameroun où le respect des droits humains  sera impersonnel, que ceux qui étaient voués aux gémonies par Ernest Obama se battent et se battront malgré le prix élevé à payer, conscient qu’ils sont que lorsque l’injustice devient une règle, la résistance par tous les moyens devient un devoir.

Un devoir… citoyen à l’accomplissement duquel tous les Camerounais (qu’ils s’appellent Obama, Esso, Amougou, Biya, Maikano, Onana, Mbafou, Bakary, Njoya, Limunga, Atanga, Mokake, Talla, Kamto,  Essombe, Essomba, Mbouombouo, Fru, Ali, Bello, Kuate, Mouelle,   Mgbatou, Ambassa, Kono, Nkono, Tchatat, Eyoum, Ashu, …),  qui aspirent à une société où les hommes sont égaux en droits et en devoirs et libres, et où personne ne sera traité avec cruauté, sont d’ores et déjà invités. Pour que plus jamais un individu quelconque comme il y en a à foison au Cameroun, fut-il un proche d’un ministre influent ou n’importe quelle VIP de la république, n’accuse jamais de « HAUTE TRAHISON » -Les grands et gros mots obsèdent décidément  les gens du régime- un proche excentrique qui, frustré pour une raison ou une autre, se serait laissé aller à des indiscrétions, laissant penser qu’il pourrait avoir aussi révélé des histoires de coucheries  scandaleuses s’étant muées en assassinats. Car lors même que quelqu’un a fait des révélations non fondées sur votre personne et que ses révélations peuvent vous être préjudiciable, sauf à être un villageois intégral, on parle de diffamation ou de déclaration mensongère, et non de « HAUTE TRAHISON ». Un bien grand mot qui pourrait laisser penser à une affaire d’Etat.

Et on ne commet pas pour le noircir, des “journalistes” tellement… douteux, -comme l’était d’ailleurs Obama- qu’ils ne savent pas faire la nuance entre la rédaction d’un article relatant des faits et le rapport du juge d’instruction en lequel ils se sont érigés.

Plaindre Obama ? oui ! Mais jusqu’où ? 

Ceci étant, il faut tout de même noter que le malheur de celui qui croyait que l’avènement du monde ne datait que de la création de la télévision de Amougou Belinga, n’a pas que du mauvais. N’en déplaise à ceux qui voient dans la dénonciation de la méthode barbare de son arrestation une sorte d’instrumentalisation politique, le sieur Obama a la chance de payer ici et maintenant, sans peut-être le voir ou le savoir, ses outrances et autres atrocités commises pendant son magistère, d’une manière qui lui attire la compassion des bonnes âmes qui à force de s’apitoyer sur lui, vont finir par donner le sentiment que le bonhomme au verbe exécrable est une victime, alors que dans un autre contexte et à une autre époque, pour dire les choses sans ambages, il serait un bon client de la CPI, pour ne pas dire Nuremberg.

Le journaliste Jean-Bruno Tagne, un de ceux que monsieur Obama, du temps de sa toute-puissance, aurait voulu voir pendre haut et court, estime que :

«Cette façon d’utiliser les institutions pour humilier les gens semble être un classique de la maison et rapproche ce pays chaque jour un peu plus d’une véritable République bananière. Ce fut déjà le cas avec les David Eboutou, Xavier Messe, Vincent Sosthène Fouda, George Gilbert Baonla… »

Maurice Kamto au meurtre duquel le même Obama appelait de tous ses vœux, affirme quant à lui, à la lumière des déboires de l’ancien journaliste de Vision 4 :

« Le mépris de la dignité est l’un des visages de l’Etat de non-droit au Cameroun. M. Obama, comme tout citoyen Camerounais, a droit à la présomption d’innocence, au respect de son image et de sa dignité. Que la justice camerounaise serve le droit et non les puissances de l’ombre»

On ne peut pas en dire autant de son tortionnaire d’aujourd’hui, qui n’est pas prêt de quitter le séjour des grands de ce pays, et qui va continuer, à chaque fois que cela l’arrange, d’utiliser des méthodes de sauvages, avec la complicité de la justice, pour envoyer en prison des personnes qui lui ont rendu d’énormes services par le passé, et dont il craint qu’elles lui fassent de l’ombre.

Hier, ce sont les David Eboutou et Patrick Sapack qu’il envoyait dans les fers sous les applaudissements de… Ernest Obama. Aujourd’hui, c’est autour de ce dernier de subir les humeurs d’un ancien mentor dont les méthodes villageoises d’Ubu-roi avant la lettre défraient la chronique.

Récemment, le directeur de Publication du journal Horizons Nouveaux Mag-Int’l  s’est fait menacer d’emprisonnement par l’ancien laveur de voitures à qui un certain Gilbert Baongla -qu’il a déjà aussi envoyé en prison- a mis le pied à l’étrier. Il avait osé relayer une information selon laquelle  le patron du groupe des médias  faisait l’objet d’une « Disgrâce au sein du Sérail », et serait « dans les mauvaises grâces du chef de l’Etat », qui l’aurait fait expulser du palais lors de la cérémonie de présentation des vœux le 9 janvier 2020.

« Qui tue par l’épée périra par l’épée », disait le Christ. Puissent ceux que la fortune et la fréquentation des grands de ce monde obnubilent ne pas l’oublier.

Ndam Njoya Nzoméné

 

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