Seppo n’a pas simplement vu le jour, elle l’a conquis. Née sous une pluie battante, lors d’une neuvaine, elle a survécu là où sa jumelle s’est éteinte, comme si le destin l’avait choisie pour porter un héritage précieux. Son arrivée fut un signal, une tempête annonçant une étoile. Son père, figure respectée du canton Belé-Belé, l’a bercée au son des balafons et des rythmes traditionnels. Toute petite, elle traversait la ruelle pour assister aux répétitions de son père, captant chaque mélodie avec une aisance troublante.
Mais Seppo est avant tout une combattante. De six mois à cinq ans, la maladie l’a éprouvée, laissant son corps frêle et vulnérable. Pourtant, rien ne pouvait éteindre l’éclat de son regard. “Kirikou”, l’appelaient ceux qui l’observaient danser malgré la fièvre, défiant la douleur avec une énergie presque mystique.
Aujourd’hui, cette enfant devenue femme insuffle une nouvelle vie au makossa. Sa musique, baptisée Wave Makossa, n’est pas une simple répétition du passé : elle le fait vibrer, l’étire, l’enlace avec le présent et l’entraîne vers l’avenir. Trop jeune pour marquer l’histoire de ce genre emblématique ? Pas quand on porte la musique dans ses veines.
Seppo ne se contente pas de chanter. Elle réinvente, elle fusionne, elle ouvre des portes. Son makossa ne s’impose pas, il séduit. C’est une invitation à voyager entre les époques, à écouter autrement, à sentir les racines sans renoncer à la modernité. Une chose est sûre : cette étoile née des eaux ne s’arrêtera pas. Elle brille déjà, et elle ne fait que commencer.